Newsletter de septembre 2014

Poème « Méditation »

J’aimerais vous partagé ce poème qui m’est venu.

Méditation

Qui médite
est un arbre

*

Sa levée se tient et se dresse

Et pourtant son poids
souverain
est sans questionnement

La tête est droite
car la terre est sûre

*

La marée vient
et va
— souffle toujours neuf

rien n’altère le tronc altier
dans son immobilité secrète

*

Ce n’est pas toi qui veille

— c’est l’espace qui te garde

Sur le poème :
Être quelqu’un de droit, l’étonnante ressource de la verticalité.

« La verticalité est la grâce par laquelle l’homme est invité à élever son horizon » Hegel.

Dans la méditation, nous adoptons une position libre et droite. Nous nous asseyons sur la terre, très simplement, et nous érigeons notre buste vers le ciel.
Cette attitude est déjà l’accomplissement de notre existence humaine. Nous l’entendons très bien dans l’expression « être quelqu’un de droit ». La verticalité est l’épreuve de la dignité mais elle est aussi l’épreuve de la liberté !
On pourrait penser à tort que, puisque nous restons immobile quand nous méditons, nous ne sommes pas en rapport au corps. Or cette immobilité dévoile un espace subtil et profond dans lequel nous pouvons apprécier d’être vivant, dans lequel nous découvrons la merveille d’être un être corporel.
La méditation nous offre le soulagement d’être pleinement présent corporellement, un soulagement toujours disponible dans les moments difficiles, les expériences aigües ou tendues. Nous nous posons et nous détendons dans l’immobilité. Cette simplification amène une clarté vive.