L’intelligence intime : pour une sexualité heureuse
avec Margot Fried Filliozat (rediffusion)

Dialogues par Fabrice Midal

À propos de cet épisode

Dans cet épisode, j'ai le grand plaisir de recevoir la sexologue Margot Fried-Filliozat pour explorer ensemble un concept salvateur qu'elle nomme l'intelligence intime. Au-delà des injonctions de performance et des normes techniques qui nous coupent de nos corps, nous vous invitons à repenser la sexualité comme un espace de liberté, d'écoute et de profonde connexion émotionnelle.

Ensemble, nous levons le voile sur les prétendus blocages pour comprendre qu'ils sont en réalité les signaux bienveillants d'un corps qui réclame simplement une relation plus juste et authentique. Laissez-vous guider vers la redécouverte de vos sensations et apprenez à cultiver un plaisir aussi profond que véritable.

Fabrice Midal
Par
Fabrice Midal

Transcription de l'épisode

les les super pouvoirs pour moi, c'est notre la capacité infinie de notre corps à ressentir du plaisir qui change à chaque instant, qui est de plus en plus puissante. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a quand même cette image de la sexualité, une image très libérée de la sexualité mais qui est très avec des sextoils, de l'ingerie, des expériences, des c des ça. Et du coup, on a cette image qu'une sexualité épanouie, c'est une sexualité accessoriée d'une certaine manière avec plein de de trucs qui l'entour. Et pour moi, le super pouvoir c'est justement de revenir dans de la simplicité pour apprendre à cultiver la puissance de ce qu'il y a à l'intérieur de nous. C'estàd que j'ai pas besoin d'un sacœuil pour avoir un orgasme incroyable. Bonjour, bienvenue dans dialogue. Lorsqu'on parle en général de sexualité, c'est gênant, embarrassant et souvent chiant, non ? Et , je vais vous montrer que ça peut-être émouvant, touchant intime surprenant. Aujourd'hui, je reçois Marga Frit Filiosa qui va nous parler de son dernier livre L'intelligence intime. Bonjour Margaot, bonjour Fabrice. Je suis très heureux de te recevoir pour parler de ton nouveau livre qui est un continent que tu nous invites à explorer, l'intelligence intime. Qu'est-ce que c'est l'intelligence intime ? On connaît l'intelligence cérébrale, on connaît l'intelligence émotionnelle et tu proposes ce concept que je trouve très fort d'intelligence intime. Pour moi, l'intelligence intime, c'est justement à l'intersection de ces intelligences là. C'est-à-dire que le sexe, c'est pas juste du sexe, mais c'est pas aussi juste de l'émotion. C'est qu'il y a toute une partie émotionnelle, toute une partie relationnelle et toute une partie de connaissance de son corps, des lois un peu de la sexualité, du plaisir, du désir. Et si on n pas un mélange de ces différentes compétences là, de cette connaissance de soi, de son propre corps, de son fonctionnement et de l'autre, mais on est un peu piégé. Donc l'intelligence intime, c'est tout ce qui fait qu'on peut être en connexion avec notre corps, notre désir, notre plaisir avec l'autre, ses émotions et nos émotions. Exactement. Donc c'est vraiment penser complètement autrement la question de la sexualité. Dès qu'on parle de sexualité, on est tout de suite dans l'idée au fond de performance, de normalité ou de ou d'extase, mais peu de cette dimension d'intime que c'est l'espace d'une intimité, d'une rencontre avec la vie, d'une rencontre avec soi et c'est ce renversement là que tu invites les gens à faire. Tout à fait. Moi, j'ai beaucoup de clients, de clientes qui viennent me voir en me disant "J'ai un blocage, j'ai un problème, il y a quelque chose qui ne va pas chez moi, je n'y arrive pas." Et en fait, on se rend compte que on est on est vraiment orienté sur la performance, sur il faut faire comme si, il faut faire comme ça. J'ai besoin de réussir à me conformer à un certain modèle. Et je pense que l'intelligence intime, c'est l'intelligence de sortir des modèles prédéfinis qui nous sont donnés pour venir questionner moi, de quoi est-ce que j'ai envie ? moi de quoi est-ce que j'ai besoin et comment est-ce qu'on crée quelque chose dans lequel vraiment on se rencontre plutôt que d'essayer de faire bien, c'est de faire juste en fait pour moi, pour toi, pour nous ensemble. Et le chemin que tu proposes est très décomplexant, libérateur et et très surprenant. Et une des premières étapes, une des choses que tu que tu poses dans le livre, c'est que ne pas aimer le mauvais sexe, c'est normal que je trouve une phrase très forte et peut-être on peut partir de là. Ouais, tout à fait. C'est-à-dire que par exemple ces femmes qui viennent me dire en disant "J'ai un blocage" et que je les questionne un peu sur leur vie sexuelle, c'est " en fait, j'exprime jamais mon désir. quand je dis stop, parfois l'autre me convain d'essayer de me forcer un peu. J'ai mal à la pénétration, j'ai pas de plaisir, j'ai pas d'orgasme. Je me sens stressée, je me sens sous pression, j'ai peur de pas être dans la performance. Du coup, c'est pas une sexualité épanouissante et on se sent pas ces femmes se sentent pas normal en fait de pas aimer une sexualité qui est pas épanouissante. Enfin, ces femmes, ces hommes pour tout le monde. Et c'est pour ça que tu écris est-ce que c'est pour ça que tu écris que heureusement que vous bloquez ? Ouais, heureusement. C'est-à-dire quand on bloque, c'est notre corps qui dit "Stop, arrêtez, je veux faire autrement, j'ai besoin d'autre chose. Ça, je ne veux plus." Et il y a un moment où quand on narrive pas avec nos mots à dire "Non, j'ai pas envie de ça, par contre, est-ce que tu peux m'embrasser tendrement dans le cou ?" au final notre corps dit " non, stop. En fait, cette manière là de faire, c'est pas ça que je veux." Donc c'est pour ça que je dis en effet ne pas aimer une sexualité pas épanouissante, c'est normal. C'est pas un blocage, c'est pas un problème. Donc les gens ont souvent, si je te comprends bien, on a tort de croire qu'on est bloqué. C'est pas qu'on est bloqué, c'est que ce qu'on fait ne nous convient pas et que heureusement notre corps nous dit stop parce que ça nous correspond pas. C'est ça, c'est ça le sens de ton propos. C'est exactement ça. C'estàd que si tu aimes pas le café Fabrice, tu vas pas te lever tous les matins dire "Je vais me faire un petit café ce matin." Non, tu ne vas pas penser ça parce que tu n'as parce que moi par exemple, j'aimais pas le café jusqu'à l'année dernière. Je trouvais l'odeur amè forte. Enfin, ça ça me donnait pas envie. J'ai appris à aimer le café et aujourd'hui quand je me lève le matin, je me dis ", je me ferais bien un petit café mais avant ça, jamais de la vie, j'ai eu ce désir spontané d'un café." Et je pense que c'est vraiment ça, c'est-à-dire que on s'attend à, j'ai plein de clients qui me disent "Je ne comprends pas pourquoi j'ai pas de désir et on s'attend à ce qu'il y ait du désir spontanément pour quelque chose qu'on n pas cultivé, dont on n pas cultivé notre appréciation. On n jamais créé une relation avec cette chose pour faire en sorte que [soupir][souffle coupé] ça nous fasse du bien. Donc on pourrait dire c'est comme si aussi soit on n pas le goût pour le café, soit on a bu que du mauvais café complètement mauvais et puis on donc on en a pas envie et puis quelqu'un nous dit mais si goûte celui-là il est délicieux et on découvre complètement autre chose. C'est ça. un peu comme genre si tu avais juste jamais goûté que les petits cafés là soluble que tu fais que tu fais avec ta petite tasse là des [raclement de gorge] machines sur les stations service au bord de l'autoroute qui dit non c'est c'est que ça le café alors que non en fait il y a plein de grains différents et puis moi maintenant j'aime le café mais avec un peu de lait d'avoine dedans et puis un peu de sirop d'érable j'ai créé mon j'ai inventé mon café d'une manière qui me fait du bien à moi dont je l'aime. Et c'est exactement ça, c'est c'est trouver les différents éléments qui permettent d'avoir un café, une sexualité, un orgasme qui nous fait du bien. Donc la première étape, c'est de comprendre à quel point on a tort sur la question du blocage, sur la question des limites. Prendre la mesure au fond que si on a un problème, c'est qu'on fait quelque chose qui nous correspond pas. Donc c'est vraiment une sorte d'intelligence là je demande de notre intimité. Tout à fait. Et par ailleurs, tu parles que notre corps a des super pouvoirs qu'on méconnaisse, que tu veux bien essayer d'exposer, d'expliciter un peu ces super pouvoirs que nous ne connaissons pas de notre propre corps. Oui, tout à fait. Souvent avec le "J'ai pas de désir ou de plaisir, c'est je ressens pas grand-chose en fait." Et ne pas ressentir, c'est impossible. Ça n'existe pas. C'est-à-dire que le seul moment où on ne ressent rien, c'est si on est mort. Là, il ne se passe rien dans notre corps. Mais autrement, il y a toujours que j'ai mon cœur qui bat. Il y a une petite chatouille sur mes lèvres. Je sens une tension dans ma nuque. Je sens de la chaleur dans mon ventre. à tout instant, je pourrais lister une quarantaine de sensations dans mon corps. Et pour moi, ce qui est le plus flagrant et le plus impressionnant, c'est quand j'ai par exemple une cliente en face de moi qui me dit, j'en pense just 3 jours. J'avais une cliente qui me dit j'ai jamais eu de plaisir dans la sexualité. Je n'aime pas le sexe. J'ai pas envie. J'aimerais bien seulement pouvoir avoir des câlins, de la tendresse, mais pas de sexe comme ça. Ça serait plus tranquille. Je lui fais fermer les yeux et je l'ai fait visualiser parce qu'elle elle est en couple et je l'ai fait visualiser une caresse qui serait agréable et venir observer qu'est-ce que ça ferait dans son corps. Donc je l'ai fait respirer et se connecter. ok. Donc elle avait envie d'une caresse très légère sur la nuque. Qu'est-ce que ça ferait dans son corps ? Quelle sensation ? Et de là on est allé à OK. De quoi tu aurais envie après ? Et de quoi ? Et petit à petit, elle a commencé à pouvoir ressentir en fait à l'intérieur d'elle tout ce qui se réveillait. Et à la fin de cette méditation, elle m'a dit "J'ai jamais ressenti autant de plaisir." [grognement] Et en fait, il s'était rien passé. On était toutes les deux dans mon cabinet et elle était en larme en me disant "Mais j'ai enfin vécu avec mon partenaire son ensemble depuis 7 ans. la sexualité, enfin je savais pas que c'était possible en fait." Et juste là, en visualisant, elle a créé un moment d'intimité qu'elle a pu après reproduire. Du coup, après un peu de travail pour lever plein de blocage, communication, créer ce cadre pour avoir la sécurité nécessaire. Mais en fait, je pense que de un, on s'autorise pas à rêver à ce dont on a ené puis on s'autorise même pas à imaginer tout le plaisir qu'il pourrait y avoir. Et il y a vraiment besoin d'apprendre à déguster en fait ces sensations, à se connecter à qu'est-ce que je ressens ? Parce que c'est souvent parce que les gens sont pris par des modèles ou des rêves ou des fantasmes ? Enfin il y a il y a rêver dans le sens dont tu parles, mais est-ce que c'est parce que on est pris par le poids de la norme et d'une certaine Ouais, je pense que souvent on on c'est pour ça que le livre s'appelle inventer votre sexualité parce que on ne s'autorise pas à faire exactement ce dont on a envie. Il y a une certaine approche où c'est très stéréotypé, c'est on s'embrasse, on fait des préliminaires, on se pénètre et puis orgasme et puis c'est fini. Et avec certaines variations, mais il y a quand même ce modèle très scripté. Et la sexualité telle que je l'enseigne, c'est plus se demander là à l'instant où est-ce que mes lèvres ont envie d'être là à l'instant où est-ce que mes doigts, la paume de ma main ont envie de toucher mon corps ? Comment est-ce qu'il a envie d'être touché ? Pas parce que c'est le moment où il faudrait faire si ou ça, mais parce que c'est ce dont j'ai envie. Donc je pense qu'il y en a fait tout ce modèle autour de la sexualité et puis il y a aussi s'autoriser à désirer. Pour beaucoup de mes clients, c'est ils ont l'impression il ou elles ont l'impression qu'elles veulent trop alors qu'au contraire le grand drame c'est pas qu'elles veulent trop, c'est qu'elles veulent pas assez, qu'on s'autorise pas en fait parce que des tout petits, on a appris à pas faire un drame, à pas faire c, à pas trop vouloir, à pas faire trop de bruit et du coup on veut pas déranger. Et donc mon invitation, c'est d'oser oser déranger et oser rêver plus grand en fait. Exactement ce dont on a envie. Je trouve c'est très beau dans le livre comment tu dis que les gens sont souvent surpris, tes amis sont souvent surpris que ta sexualité est très simple et que tu as pas un placard rempli de sex toy parce que tu tu es tu enseignes sur la sexualité. Je trouve ça aussi Ouais. quand tu me disais donc les les super pouvoirs pour moi c'est notre la capacité infinie de notre corps à ressentir du plaisir qui change à chaque instant qui est de plus en plus puissante. Et c'est vrai qu'aujourd'hui il y a quand même cette image de la sexualité une image très libérée de la sexualité mais qui est très avec des sextoil de lingerie des expériences des c des ça. Et du coup, on a cette image qu'une sexualité épanouie, c'est une sexualité accessoriée d'une certaine manière avec plein de de trucs qui l'entourent. Et pour moi, le super pouvoir c'est justement de revenir dans de la simplicité pour apprendre à cultiver la puissance de ce qu'il y a à l'intérieur de nous. C'estàd que j'ai pas besoin d'un sexuil pour avoir un orgasme incroyable. Et d'ailleurs, ce qui est impressionnant c'est que souvent je suis contactée par des marques de sextoil qui veulent qu'on fasse des partenariats. Je dis non, moi c'est pas ça que je mets en avant. Et sur un des dépliants publicitaires que qu'une de ces marques m'avait envoyé le témoignage d'une femme qui disait "Ça a changé ma vie, je ne peux plus jouir sans [rires] que j'ai rien contre les sexuil en soi. Amusez-vous, c'est génial, c'est super. Mais c'est dommage si on peut plus jouir sans. Il y a une certaine habituation et du coup et c'est aussi j'ai plein de couples qui viennent me voir en me disant on a tout essayé, on a essayé la lingerie des sexes les voyages en amoureux les c et les ça mais ça répond pas à notre besoin d'intimité de plaisir. Enfin il manque quelque chose en fait. Il manque l'intelligence intime. Au fond la plupart des gens quand ils ont un problème de sexualité cherchent des solutions complètement extérieures pour augmenter au fond la performance. Tout à fait. au lieu de découvrir le vrai chemin qui passe par la sensation, la rencontre avec soi, la rencontre avec son désir, la rencontre avec ce qui nous habite, la rencontre de l'autre, la rencontre Exactement, c'est exactement ça. Et ça que tu vois souvent, c'est ça ce que tu vois souvent dans quand les gens viennent te parler. Et c'est pour ça que ça marche pas quand ils essayent de Pourquoi ça marche pas quand ils essayent voilà tu racontes souvent dans le livre, ils essayent ils changent de lingerie et pourquoi ça marche pas ? ça adresse pas le nœud en fait. C'est-à-dire que pourquoi on naime pas, on naime pas. peut y avoir plein de raisons, mais peut-être parce que on se sent forcé, peut-être parce queon le fait pour l'autre, pour faire plaisir. Il y a plein de coup qui me disent "Mais j'aime faire plaisir et ça me j'ai de la joie à lu donner du plaisir." Oui, mais souvent c'est aussi mais je je fais pour l'autre, je fais pas pour moi. Donc on n'est pas centré sur nous, on n'est pas centré sur nos sensations. Et ça c'est un autre point important. Moi, j'adore ça parce que [rires] qui a écrit Narcise. Je trouve que c'est tellement important l'idée qu'il faut se sacrifier pour les autres pour réussir à rentrer en rapport avec eux. Ça marche jamais. C'est ça. C'est faire plaisir avec l'idée que ça va nous rapprocher. Mais en fait, ça nous éloigne parce que chaque geste, chaque chose qu'on fait où on n'est pas connecté à nous-même et l'autre et on prend pas de plaisir, l'autre le sent et puis c'est surtout on va lui en vouloir. C'est-à-dire que comment est-ce que je peux pas être un peu mal avec moi si je me force à faire une félation pour mon partenaire parce qu'il me l'a demandé et que sinon il va être frustré et que oui, j'ai accepté de la faire mais je peux pas me sentir bien avec ça. J'ai forcément une petite petit pincement, une petite nausée, un petit mal au cœur et je veux pas avoir envie de la refaire d'ici tôt cette fédation si je me suis sentie obligée. Alors qu'au contraire en apprenant à connecter avec son propre désir de faire parce que c'est bon pour nous. C'est comme une chose, je faisais visualiser une de mes clientes, je dis imagine tu as un petit chat sur les qui dort sur tes jambes, sur tes tes cuisses. Ce petit chat, il dort et tu le caresses. Tu sens au bout de tes doigts, tu te sens connecté à l'intérieur de enfin c'est connecté à l'intérieur. Tu sens cet amour qui t'emplit caresser ce petit chat. Ça te donne du plaisir, ça donne de la joie. Tu sens l'amour. Est-ce que tu caresses le pénis de ton partenaire avec la même tendresse que tu caresses ce petit chat ? [rires] Non. Et ça ça a retourné son monde en fait parce que pour revenir à ta question tout à l'heure sur les scripts et il y a une certaine idée, un certain modèle autour de la sexualité. en fait non, caresser dans la sexualité c'est pas aussi doux qu'on caresserait un petit chat. C'est souvent me basé sur des images de pornographie par exemple ou des l'image que l'homme a pas envie de tendresse et qu'il faut aller vite et fort enfin et du coup on va pas s'autoriser autant de tendresse, autant d'amour, autant de douceur, autant d'expérience. Autant d'expérience. Donc au fond, la clé c'est d'être plus à l'écoute de ce qu'on ressent. C'est ça c'est exploré un peu. Et là tu as tu travailles beaucoup dans le dans le livre sur ce que ça veut dire ressentir, que c'est beaucoup plus complexe qu'on ne le croit, qu' a que que l'essens c'est pas seulement les cinq sens. Ouais, tout à fait. Par exemple, j'ai un moment je parle dans le livre de d'un de d'un couple pour qui la sexualité se passe bien mais qui venait me voir pour aller plus loin. Et je leur demande "OK, décrivez-moi ce que vous avez ressenti par exemple dans un dernier rapport." vraiment dire c'était bon, c'était chouette, c'était léger. OK, génial. Mais tous ces mots et on a très souvent tendance à utiliser ce genre de mot. C'est bon ou c'est mauvais, ça fait mal ou c'est agréable ? du plaisir, j'ai un orgasme. Mais on va pas dire, j'ai ressenti comme des picotements, de la chaleur qui brûlait dans mon clitoris qui irradiait dans mon ventre et dans ma poitrine jusque dans ma gorge. Puis une sensation fondante au bout de ma langue et comme des larmes de joie qui coulaient et qui chatouillit le long de mes joues. On va pas rentrer dans la subtimité en fait de tout ce qu'on expérience. Et parce que souvent on manque de mots parce que ça nous vient pas à l'esprit, on n pas pris l'habitude et et du coup on va avoir une approche de nos sensations qui est en fait assez déjà basé sur un jugement parce que bon ou mauvais c'est un jugement, c'est une interprétation, c'est pas une description et puis qui reste quand même assez vague en fait. Et je pense que pour pouvoir pleinement faire l'expérience du plaisir, on a besoin de cette subtilité de mots, de sensation, d'attention. pour vraiment être connecté avec ce qui se passe à l'intérieur. Puis il y a toute une partie de du sens interne qu'on qu'on monnaî qu'on monnaît beaucoup. C'est ça. C'est ça. Ouis. Tout à fait. que tu disais les les cinq sens, on parle tout le temps de stimuler nos sens mais du coup on parle du goût de l'odorat enfin nos cinq sens mais ces cinq sens c'est des sens externes. C'est du du système sensoriel l'extéroception pour ressentir ce qui nous vient de l'extérieur. Mais c'est pas du tout, on n pas absolument pas que cinq sens, on a tout un système interceptif pour capter ce qui se passe à l'intérieur de nous. Et ces sens-là, c'est eux qui nous permettent de ressentir le plaisir. Parce que le plaisir, ça se ressent dans notre corps, dans nos vissaires, dans notre cœur à l'intérieur. Les papillements, les les tiraillements, les contractions, l'engorgement, la chaleur, tout ça, ça se capte par la somesthésie qui fait partie des systèmes interroceptifs. Donc, on n pas besoin des noms scientifiques compliqués pour ressentir. Mais rien que l'idée de dire on a cinq sens, c'est comme dire en fait il se passe des choses que à l'extérieur de nous et pas à l'intérieur de nous. Ce qui est quand même assez étrange. Comment on fait pour réussir à s'autoriser à désirer ? parce qu'au fond, il y a tout le cette ignorance dont tu as très bien parlé, mais pour beaucoup de gens c'est comme si on avait pas le droit de désirer. Comment comment tu comprends ça et comment tu peux aider chacun à essayer de retrouver le chemin de s'autoriser à prendre sa place et à désirer et et à dire ? Je pense que une des premières choses, il y en a il y a plein de réponses à cette question, mais une des premières choses, c'est d'où elles viennent ces voix ? parce que elles viennent pas de nous. C'est pas nous qui nousons pas à désirer. On nous l'a dit à un moment. Est-ce que c'est papa ? Est-ce que c'est maman ? Et désirer dans le sens global, pas que dans le sens la sexualité, c'est juste le désir, c'est avoir envie. C'est envie. On est en vie, on a envie de vivre cette énergie qui nous pousse vers l'avant. Donc d'où viennent ces messages ? Si je pense à OK, j'ai envie de quelque chose, qui est-ce qui me dit ? J'ai pas le droit. Est-ce que c'était à l'école ? Est-ce que c'était papa ? Est-ce que c'était maman ? Est-ce que c'était un oncle, mon frère ? Enfin, d'où viennent en fait ? Est-ce que c'est la religion, ma culture ? Ce message ? Je pense dans un premier temps se rendre compte que c'est pas nos croyances mais qu'elles nous viennent de l'extérieur. Dire ", OK, je me souviens de ces expériences où dès que je voulais quelque chose, j'étais envoyé dans les roses et queon me disait "C'est pas pour toi, non, tu as pas le droit. OK, je peux me rendre compte que peut-être que ma mère aussi elle a eu cette expérience là quand elle était petite, qu'en fait tout ce qu'elle s'est jamais autorisé à avoir, elle me l'autorise pas non plus. Ramener un peu d'humanité déjà à ces messages et et ramener à Mais en fait, c'est son histoire à elle. aujourd'hui, en tant qu'adulte, est-ce que cette croyance me convient encore ? Est-ce que j'ai envie de la remplacer par autre chose ? Et si oui, par quoi ? Donc une première étape de d'où viennent ces messages et est-ce qu'ils me conviennent ou pas ? Et s'ils me conviennent pas, faire un un peu un chemin en fait pour créer de nouvelles croyances. Mais deuxième chose très importante, pouvoir en parler avec son partenaire. C'est-à-dire que il y a le moment où on se rend compte qu'on a envie de plus et puis le comment on fait pour aller l'exprimer en fait et pour créer quelque chose. Et je pense qu'il y a besoin de pouvoir dire je me rends compte que c'est difficile pour moi de te dire ce dont j'ai envie. J'ai envie d'être plus proche de toi et de t'exprimer plus souvent ce qui est ce que j'ai sur le cœur. Est-ce que ce serait OK pour toi d'entendre ça ? rares sont les partenaires qui disent non. Et du coup, la porte est ouverte pour faire l'expérience ensemble d'être plus connecté à notre désir. Donc, il y a deux choses dont tu parles là. Le premier c'est comment les difficultés qu'on peut rencontrer ou pas forcément des grandes difficultés mais les limites qu'on rencontre dans sa sexualité sont autant d'occasions d'être plus en phase avec notre désir de vie. Pas seulement que la sécurité, ça parle de quelque chose d'autre. Et donc ça permet d'éclaircir des interdits dont on se rend peut-être pas compte qui nous écrasent ou un manque un manque de d'attachement sécure. Tout à fait. Et ce qui est intéressant c'est que ce que je dis toujours, c'est que ce qu'on peut faire dans la sexualité, on peut le faire dans le reste de notre vie. C'est exprimer nos désirs, être présent à nos sensations, à nos tout ça. Exprimer parler. Si on peut le faire dans la sexualité, on peut le faire partout ailleurs. Mais si on peut le faire partout ailleurs, ça veut pas dire qu'on peut le faire dans la sexualité. C'est parce qu'il y a plein de tabous de blocage de honte. Moi, j'ai plein de clients qui en libérant les blocages dans la sexualité, en s'autorisant à exprimer, du coup peuvent le faire au boulot et ont leur augmentation ou peuvent devien entrepreneur et enfin lancent leur business ou qui enfin arrivent à communiquer avec leurs enfants sans que ça soit la bagarre, même si on parle pas de ça dans nos séances, mais parce qu'ils ont développé cette intelligence intime, parce qu'ils sont en rapport à ce qu'ils sont. Exactement. le droit d'être d'assumer la vulnérabilité de désirer. Exactement. Et du coup et parce que l'intimité, la sexualité, c'est l'endroit où on est littér on est à nu, c'est le plus vulnérable en fait. Et si on peut avoir cette force là, cette solidité intérieure, cet alignement dans ces moments les plus vulnérables, du coup, on a entraîné ce muscle en fait de l'intimité et de la présence à soi et du désir et du coup, on y a accès dans le reste de notre vie. Donc le deuxième point dont tu parlais, c'est que l'intimité ça se cultive dans le dialogue avec le partenaire. Donc il s'agit pas, comme on l'a vu tout à l'heure, comme tu le disais très bien, il s'agit pas de te sacrifier pour l'autre, d'essayer de lui faire plaisir mais il s'agit de créer un lien et d'apprendre à parler à l'autre. Ouais, tout à fait. Comment on fait ça ? Et pour comprendre ça aussi, c'est-à-dire que cette honte sur tu n'as pas le droit de désirer, tout ça, elle est sociale. La honte, c'est une émotion sociale. Et moi, j'ai tendance à dire que nos blessures relationnelles ne peuvent se guérir que en relation bienveillante avec autrui. Et donc, dans un premier temps, on identifie, OK, d'où vient la blessure relationnelle en fait qui fait que j'ai la croyance que j'ai pas le droit de désirer. Pour réparer cette blessure relationnelle, on a besoin de la réparer dans un contexte bienveillant. En fait, j'ai une cliente par exemple qui n'a jamais eu beaucoup d'espace pour désirer quand elle était petite à une relation familiale très compliquée et avec son mari ne lui demandait jamais rien parce qu'elle était sûre qu'il allait dire non. Et en fait en en guérissant ses blessures relationnelles de l'enfance et quand elle a commencé à exprimer à son mari, il était en joie d'enfin la connaître parce que lui ça faisait des années qu'il était frustré de pas pleinement connaître sa femme, de se sentir au final un peu loin d'elle décalée et du coup pour elle de voir la réaction tellement pos alors que elle s'attendait à des crises à des disputes à qui l'envoie balader Et en fait, en apprenant à communiquer à partir de son cœur, de sa vulnérabilité, de son désir, il a été hyper réceptif. Et donc ça a confirmé en fait cette guérison et et confirmé le fait que si ses désirs mais en fait ils sont bienvenus. Donc on peut dire le chemin que tu proposes, le chemin que tu décris dans le livre, ça tu essayes d'apprendre à chacun de dans la relation intime et dans la relation sexuelle, non pas comme on imagine juste trouver, prendre son pied, avoir plus de plaisir, mais vraiment au fond renouer avec la possibilité d'être, de s'autoriser à être et de guérir ce qui est blessé en nous. Tout à fait. Et d'apprendre à comm et tu montres que c'est beaucoup plus homme qu'on ne le croit. Ouais, ça passe par le fait de d'inventer une sexualité de partage plôt qu'une sexualité de performance. Tu dirais ça ? Ouais, tout à fait. C'est vraiment je vais pas vous aider à mieux faire l'amour, je vais pas vous aider à réussir ou à avoir un org enfin tout ce que avec force vous dis il faut vraiment que je réussisse non. Par contre, on va faire autrement pour vraiment découvrir la jouissance, découvrir l'extase, découvrir le plaisir, la joie en fait de faire l'amour. Et ça, ça passe forcément par quelque chose qui nous est personnel parce que la joie c'est une émotion tellement enfin c'est unique à nous en fait, on la ressent chacun différemment et ce qui vaiter de la joie chez nous va être différent de chez notre partenaire. Donc pour que notre sexualité crée de la joie à l'intérieur de nous, ça a besoin de venir de l'intérieur de nous. Ça a besoin d'être inventé. Ça besoin que ça soit propre à nous, pas juste coller un modèle qui au final nous épuise. En fait, ce modèle qui nous épuise tu nous invites à le déconstruire. Et c'est pour ça que j'aime bien dans tu as beaucoup de formules choc mais il y a une formule choc que j'aime bien. Non au préliminaire. Non au préliminaires. Stop. Je haie ce mot. [rires] Je haie ce mot avec tellement d'intensité parce que préliminaire, c'est quelque chose qui prépare et précède à quelque chose de plus important. comme si la pénétration était plus importante que ces autres caresses en fait qui nous peuvent pourtant nous remplir de joie, nous faire pleurer de joie, de plaisir. C'est c'est non au scripts, non aux catégorisations des différentes caresses ont une hiérarchie abstraite qui n'a aucun sens et qui rend absolument pas justice au plaisir. surtout que 70 % des femmes quand même n'ont un orgasme que par stimulation clitorienne et que la stimulation clitoridienne est rangée dans la catégorie préliminaire alors que c'est quand même le truc qui donne un orgasme à 70 % des femmes. Mais non, c'est le truc important de la sexualité devrait être la pénétration pour qu'elle les caressent sur le clitoris sont des pré enfin ça n'a aucun sens. Donc non au préliminaires. Oui au caresse dans tous les sens. pour suivre sa propre boussole intérieure. Donc c'est vraiment tout un travail de déconstruction de certains schémas de de de sexualité et qui qui entrave c'est ça ça nous entrave énormément parce qu'on est vraiment prisonnier. C'estàd on essae de bien faire plein de gens essayent de bien faire mais ils se trompent complètement de direction. C'est ça. C'est exactement ça. Et pour revenir tout à l'heure, tu disais les gens sont surpris que ma sexualité est simple, c'est-à-dire que on a du mal parfois à imaginer ce que ça peut être quand on suit pas ces script là. Et ma sexualité est simple et pourtant je m'ennuie jamais. pas parce que j'essaie de faire tout le temps des choses différentes. Non, ça l'opposé de la routine, l'opposé de tout ça, c'est pas faire plein de plein de nouveaux scénarios différents, mais c'est dans cet instant-là, qu'est-ce qui a envie de se passer entre toi et moi dans mon corps, dans ton corps, qu'est-ce qui a envie de se passer à cet instant-là ? et de pas forcément avoir l'orgasme comme but ultime de pouvoir s'arrêter à tout moment, de pouvoir faire l'amour pendant 3 minutes, pendant 3 he et d'avoir cette liberté vraiment de [grognement] maintenant j'ai envie de ça, maintenant j'ai envie de ça, encore de ça. OK, maintenant on va par là. , ça c'est pas mal. OK, un peu mais un peu plus à droite maintenant. , OK. Puis là, on va là. Et puis maintenant, j'ai envie de changer. Puis j'ai envie d'autres choses et puis et de se laisser en fait comme dans une balade où on sait pas où on va et on n pas peur de se perdre mais on va juste pas. Là, j'ai envie d'aller par là et puis j'ai envie de changer de direction comme si comment comme comment comme quand on découvre une ville en fait que on peut ça s'arrêter à tout moment, boire un café ou prendre une glace ou visiter un tel magasin. On n pas de but particulier, on est juste là pour découvrir. Et comment on fait quand on est en désaccord avec notre partenaire qu'il a pas le même désir que nous ? On apprend à négocier et et on apprend à se rejoindre aussi. C'est-à-dire que moi je crois pas à cette idée qu'on est fondamentalement incompatible. À partir du moment où on a tous les deux envie de se comprendre, je pense que c'est certain que différentes personnes ont différentes approches de la sexualité, aiment différentes choses. Et si notre partenaire aime quelque chose et que nous on aime quelque chose de différent, c'est l'exemple que j'utilise dans le livre, c'est si il est espagnol et qu'elle est allemande et que ni l'un ni l'autre ne parle le langage de l'autre, c'est pas pour ça qu'ils peuvent pas assimer. Il y a plein d'histoires d'amour où au début il parlait pas le même langage et puis soit on apprend tous les deux l'anglais, soit on apprend la langue de l'autre et du coup on apprend à se rejoindre. Et donc mais ce que j'observe souvent c'est que comme on s'autorise pas à désirer et que on est très dans je peux pas demander, exprimer tout ça, on va pas pleinement laisser à l'autre l'opportunité de nous connaître et donc de pouvoir nous rejoindre. Et ça va dans les deux sens. C'est-à-dire que quand on est face à quelqu'un qui a des désirs différents, c'est ", explique-moi qu'est-ce qui t'excite dans ce désir là que moi je ne comprends pas ?" Eu je pense aussi à un couple qui est venu me voir récemment où lui aime plutôt aller un peu vite et fort et attraper, elle est plus vite qu'elle. Ce dont elle a peur, c'est de se perdre. C'est de perdre l'intimité, de perdre la tendresse, de perdre la connexion. Et en fait en en communiquant pour lui, il a aussi besoin de tendre à cette connexion dans ces moments-là. Mais comme ils avaient chacun une conception de ce que ça voulait dire pour l'autre, elle avait peur, se braquait et voulait pas. Et lui était frustré parce que il avait l'impression de dire la même chose qu'elle mais elle le comprenait pas. Du coup, il se sentait jugés alors qu'en fait, ils avaient tous les deux envie de tendresse et pour elle aller un peu plus vite mais avec ce en fait on se regarde dans les yeux, en fait on respire ensemble, en fait on est vraiment là ensemble au final ça lui [grognement] et au final elle a beaucoup aimé ça mais elle avait peur peur de se sentir seule en fait dans un rapport sexuel un peu porno qui allait aller éviter fort ou elle allait se faire défoncer. pens allait pas lui plaire et c'est chacun avait une image de ce dont l'autre avait envie sans pouvoir comprendre exactement ce qui animait l'autre dans sa demande. Une [raclement de gorge] des choses qui rend compliqué l'intelligence intime pour la plupart des gens, c'est la diffusion du porno. Et tu t'amuses beaucoup à déconstruire le porno dans ton livre, dans plein de vidéos. tu essayes vraiment de montrer pourquoi pourquoi le porno n'est pas la réalité. Ouais. Et et l'idée là, c'est pas du tout une question morale, c'est juste une question qu'on est égaré par ce qu'on voit dans le porno qui nous coupe de l'intelligence intime. C'est c'est ça, si j'ai bien compris, qui est le ressort de de ta critique. Tout à fait. Tout à fait. Et j'ai rien contre le porno en soi. Et même l'autre jour, j'étais sur un plateau de radio avec une réalisatrice de porno féministe, donc du porno dans lequel le plaisir de la femme est au centre de l'image, tout ça et qui disait "Mais oui, c'est du pornophémiste mais ça reste un film. Ne vous comparez pas, n'essayez pas de faire la même chose. C'est un film, la scène, elle a pris 4 jours à tourner." et c'est vraiment ce côté-là en fait, c'est de dire "C'est un film." Bon, le porno féministe, c'est encore une autre catégorie, mais la majorité du porno est pas organisée autour du plaisir des acteurs ni de ceux qu'il voi en fait. C'est organisé pour exciter, pour attirer l'œil, l'attention. Et c'est assez intéressant de voir aussi des témoignages des acteurs et des actrices porno qui parlent de leur vie intime à eux avec leurs partenaire et de leur sexualité sur les plateaux qui est souvent très différente. En fait, il y a beaucoup d'acteurs et d'actrices qui font leur première fois de certaines pratiques sur les plateaux de films pornographiques et qui ont une sexualité très différente dans leur intimité. Et le problème c'est pas le porno, c'est que quand on va au cinéma voir un film d'action, on sait bien que c'est truqué et jamais on aurait cette idée de sauter du 15e étage d'un bâtiment et en se disant "Ça va impressionner ma meuf." [rires] Non, on ne fait pas ça. Mais dans le porno, comme on se rend pas compte de quels sont les trucages, comment ça se passe, pourquoi c'est truqué, où est-ce que c'est truqué, en fait on se dit "Je vais faire ça, ça va impressionner ma femme". Et et moi j'ai plein de femmes qui me disent "Mais en fait il me claque les fesses en disant "Tu aimes ça [ __ ] ?" Alors que non, j'aime pas du tout ça. [rires] Je sais pas comment faire pour lui dire sans qu'il se sente bête ou sans sans sans l'humilier ou blesser son ego. Et j'ai aussi des hommes qui me disent "Mais c'est ça qu'elles veulent les femmes ?" Et j'ai plein d'hommes qui me disent "Mais si moi je montre ma vulnérabilité, les femmes elles vont me quitter en fait parce que les femmes elles veulent un homme fort qui les prend et les domine." Je en fait non. Enfin, peut-être certaines femmes, mais la majorité non. Et donc ça fausse vraiment en fait les idées qu'on a. Pareil pour revenir sur l'exemple de la féession avec cette femme qui aimait pas du tout ça et qui caressait pas avec tendresse, elle me dit "Mais j'ai mal à la mâchoire quand je le fais." C'est vraiment des va et bien rapides comme elle voit dans le porno en fait. Et et donc en se disant c'est ça que les hommes aiment, c'est ça qu'il va aimer, c'est ça qu'il voit, c'est ça qui l'excite. Et puis aussi le porno, c'est le seul endroit où on est témoin de la sexualité des autres. C'estàdire que ça la différence avec le reste de la vie. C'est ça. C'estàd que le reste de la vie au business, tu peux aller dans une conférence pour voir quelles sont les meilleures pratiques de community management ou de On se pas du 15e étage mais on apprend à faire de l'escalade, on apprend à nager donc on on voit ce qu'on peut faire physiquement ou pas. on apprend des compétences d'autrui alors que dans la sexualité on est tout seul pour découvrir ou alors avec le porno et donc c'est là où mais le porno ça a pas des fins éducatives en fait donc c'est piégeant c'est ça le vrai piège du porno, c'est que il y a c'est ça sa finalité n'est pas d'éduquer et donc on manque d'éducation à la sexualité. Ouais, un des pièges du porno aussi, c'est que ça change ce qu'on va trouver excitant. C'estàd que plus on est exposé à certaines images, plus notre cerveau va y être accoutumé, habitué et plus ça va nous exciter, c'est ça qu'on va rechercher. J'ai plein d'hommes qui disent "Mah, j'ai du mal à trouver d'excitation sans porno." Comme plein de femmes qui me disent "J'ai du mal à avoir un orgasme sans vibrateur." C'est que plus on s'habitue aussi à un stimuli externe, plutôt qu'à une connexion à nos sensations, plus on en est dépendant en fait. Et dernière question, la méditation t'a aidé à à développer cette approche de cette autre approche de la sexualité. Est-ce que tu veux bien dire quel un peu ton chemin et et en quoi la méditation ? Je trouve ça intéressant parce que bon, les gens qui nous écoutent savent à quel point je ne cesse pas de dénoncer la méditation pour se calmer, pour être zen. Donc c'est pas du tout ce type de méditation mais il y a un rapport profond si tu veux bien peut-être. Oui, tout à fait. , d'ailleurs, il y a une partie dans le livre qui s'appelle Jouir c'est méditer. C'est-à-dire que pour ressentir toutes les subtilités du plaisir, on a besoin de pouvoir être présent. Là, j'ai plein de clientes qui me disent "J'arrive pas à lâcher prise". Mais elles essayent de lâcher prise avec leur mental. Il faut que je lâche prise, il faut que je sois connectée, il faut que je sois présente. Et j'aime beaucoup la manière dont justement tu parles de méditation aussi, c'est , on se fout la paix en fait et on observe, on est là avec ce qui se passe. Et mon chemin, ça a été beaucoup d'apprendre. En fait, j'ai j'ai eu la chance d'être exposée à des pratiques de pleine présence dans la sexualité et d'apprendre justement sans essayer d'avoir un but, sans essayer de créer un orgasme, sans même essayer de créer du plaisir. J'observe les sensations de plaisir dans mon corps. Et à partir de là, c'est tout à l'heure quand je parlais de la femme que j'ai fait visualiser et je m' dit ", j'ai jamais ressenti autant de plaisir. Pourtant, elle ne s'est rien passé. Elle s'est pas touché dans mon cabinet, s'est rien passé. notre attention peut augmenter notre plaisir. C'està-dire que je pense que la méditation nous apprend à pouvoir diriger notre attention sur notre corps, sur notre respiration, sur nos sensations et pas à faire le vide mais à être présent avec tout ce qui se passe. Et oui, parfois il y a une pensée mais après je reviens et avoir une certaine fluidité en fait et vraiment cultiver ce rapport aux sensations et donc au plaisir c'est de pouvoir juste être là. Et je crois que pour le plaisir, il y a rien de pire que d'essayer de le chasser. Enfin de courir après, c'est d'essayer de le créer. Plus on essaie de créer du plaisir, plus il s'enfuit. Parce que le plaisir, c'est un petit animal sauvage d'une certaine manière. Il a besoin qu'on l'apprévoise si on est là, qu'on l'invite plutôt qu'on lui court après. Mais il va venir à nous. Juste on est là, on observe, on cultive et on tisse un lien, on apprivoise son plaisir. Et et je pense qu' aussi la méditation m'a appris à faire confiance au plaisir pour ne plus avoir cette panique qui soit pas là et du coup aller lui courir après, mais dans du coup en étant dans ma tête et en contractant mon corps et avec une certaine anxiété. En fait, je pense que ça nous apprend à faire confiance. Merci beaucoup. J'encourage tout le monde à lire ton livre qui parle de choses tellement intimes, profondes. C'est une vraie aventure auquel tu invites le lecteur. Je souhaite à tout le monde d'avoir la chance de lire ce livre. Merci beaucoup Margot. Merci Fabrice. Merci d'avoir suivi cet épisode de dialogue. Si cela vous a plu, surtout surtout likez, mettez des commentaires, partagez et surtout par-dessus tout abonnez-vous. C'est le c'est vraiment important pour le travail que je fais et pour m'aider à le poursuivre et vous proposer d'autres extraordinaires rencontres. À très bientôt. [musique]