Pour me présenter, j’ai pensé que le plus simple était de partir d’une de mes journées types.
Je me lève et je me rends dans mon bureau. Là je retrouve mes livres.
Les livres que j’ai lus, que je relis, que j’ai envie d’étudier plus avant.
Et puis celui que je suis en train d’écrire.
Ceux que je suis en train de publier, et que j’annote crayon à la main.
Et enfin ceux que je lis pour préparer un entretien avec leur auteur sur mon podcast
Vous le voyez, mon métier occupe la plus grande partie de mon temps.
Je dirige la collection « Évolution » chez Pocket depuis près de 30 ans (ainsi que la collection « Fabrice Midal présente » chez Robert Laffont).
Tout ce qui peut aider les hommes à vivre mieux m’intéresse et je tente par mon travail de rendre accessible ce savoir.
En 2020, j’ai créé le podcast Dialogues qui occupe une place essentielle dans mon travail et prolonge mon travail d’éditeur : j’y invite des médecins pédagogues, des artistes inspirants, des philosophes profonds, des thérapeutes compétents, des chefs étoilés et des méditants lumineux…
Il compte aujourd’hui plus de 200 épisodes et figure régulièrement dans le top 100 des podcasts en France.
La chaîne YouTube Dialogues rassemble plus de 500 000 abonnés, et certains entretiens dépassent largement les centaines de milliers de vues.

Si je n’ai jamais pensé devenir éditeur, je n’ai jamais non plus imaginé, quand j’étais enfant et adolescent, que je publierais des livres. Je suis toujours aussi étonné, moi qui étais un très mauvais élève (et qui au fond le suis resté), d’avoir tant de plaisir à écrire.
J’ai commencé par une rencontre fortuite avec Vincent Bardet qui travaillait aux Éditions du Seuil. J’ai ainsi publié mon premier livre en 1997 sur le sens de la méditation. Je n’ai pas compté depuis combien j’en ai écrit – sans doute plus d’une cinquantaine.
Certains de mes livres sont très pointus, comme la publication des conférences que j’ai données à Tokyo aux éditions du Cerf, et d’autres ont rencontré un très large public, comme Foutez-vous la paix (plus de 500 000 exemplaires vendus).
Le socle de mon travail est la philosophie. En classe de terminale, j’ai eu un vrai choc en voyant qu’on abordait enfin des questions qui touchent très concrètement notre existence.
Je suis entré à la Sorbonne, Paris I, et j’ai poursuivi mes études jusqu’au doctorat pour lequel j’ai écrit une thèse portant sur le sens de l’œuvre d’art comme expérience du sacré.
Mais, comme je l’ai souvent raconté, le grand choc de ma vie a été la rencontre avec François Fédier. J’étais déjà professeur de philosophie en classe de terminale quand, ayant lu ses cours, je lui ai écrit. Il m’a invité à assister en auditeur libre à un de ses cours au lycée Pasteur, à Neuilly. Là, tout a basculé, pour toujours.
D’une certaine manière, ma vie a trouvé à ce moment-là son orientation.
J’ai démissionné de l’Éducation nationale, et j’ai suivi quotidiennement ses cours pendant sept ans, jusqu’à son départ à la retraite.
Quand tous les enseignements que j’avais reçus expliquaient « la pensée » de Platon, de Descartes ou de Kant, lui nous faisait lire leurs textes mot à mot.
C’était profondément déconcertant. En une année, nous ne lisions ainsi que quelques pages.
J’ai ainsi découvert comment faire confiance aux mots et comment apprendre cet art difficile qu’est la lecture.
Cela a changé ma vie à jamais : j’ai appris à ne plus me perdre dans les idées, et à m’ancrer dans ce qui se montre là, devant moi, si j’y prête une assez profonde attention.
Je suis resté très proche de François après son départ à la retraite. J’ai œuvré à l’édition de nombre de ses cours afin de les rendre accessibles à d’autres.
Puis j’ai enseigné avec lui, quand il est venu dans l’école de méditation Reso, lors de séminaires qui furent de grandes étapes de ma vie.
Je l’ai rencontrée quand j’avais 21 ans grâce au neuroscientifique Francisco Varela qui m’a longuement formé.
Il m’a appris à faire preuve d’une grande rigueur dans ce qui était, pour lui, une extraordinaire manière d’explorer son esprit directement, avec curiosité. Le lien qu’il a établi entre la méditation et l’attitude du scientifique m’inspire encore aujourd’hui.
Quelques années après sa mort en 2001, suivant en un sens le chemin qu’il m’avait montré, j’ai eu l’intuition qu’il fallait transmettre la méditation hors du cadre religieux qui, pour moi, n’était pas très parlant. Je n’ai aucun goût pour la dimension religieuse, doctrinaire et dogmatique de quelque manière que ce soit.
À l’époque, transmettre la méditation de cette façon n’était pas une idée évidente. La pratique de la méditation n’était enseignée que dans des groupes bouddhistes. C’était avant le développement de la mindfulness et de la démocratisation de la méditation, à laquelle j’ai ainsi contribué.
J’ai cependant très vite perçu qu’à côté de la religiosité figée, un autre danger existait : faire de la méditation un outil technique de gestion de soi.
Et c’est là un des axes de mon travail : essayer d’éclairer la façon dont l’instrumentalisation, du monde, des arbres et de notre propre être, de nos émotions et de nos affects, nous piège.
J’ai fondé il y a 25 ans l’association Reso, aujourd’hui dirigée par Benjamin Couchot et Mathieu Brégégère.
Les enseignements y sont donnés par une cinquantaine d’enseignants.
Elle propose des stages de méditation.
Elle propose aussi un cursus pour former des instructeurs de méditation.
Elle invite à des explorations d’œuvres littéraires, philosophiques ou artistiques.
J’y enseigne une fois par mois à la Maison de la méditation (Paris 20e).
Il y a une quinzaine d’années, j’ai découvert que j’étais hypersensible.
Ce fut pour moi un très profond soulagement. D’un seul coup, ce qui me semblait si étrange chez moi, mon profond besoin de solitude par exemple, ma manière de ressentir tout si vivement, si intensément, a enfin pris son sens.
Cela m’a profondément aidé à me comprendre et à mieux m’orienter.
J’ai publié Suis-je hypersensible ?, après avoir mené une enquête pour mieux comprendre ce qu’est l’hypersensibilité, en explorant ce qu’en disent aujourd’hui aussi bien la science, que l’art, la pop culture ou la spiritualité.
Depuis le confinement, je propose des cours en ligne. Cette démarche est née d’une nécessité : offrir à chacun une manière de traverser un moment difficile d’isolement et de séparation.
Progressivement, j’ai découvert que ce format, en plus d’être une solution pratique, possède une richesse propre qui me plaît profondément.
Confortablement installé chez soi, chacun est bien plus disponible pour une rencontre authentique qu’au sein du cadre plus formel d’une conférence publique.
Le cours interactif, vécu à distance, ouvre de riches possibilités : partager des enseignements, pratiquer ensemble, expérimenter des exercices, méditer, réfléchir ensemble.
Dans mes cours en ligne, j’articule :
· des ensembles thématiques cohérents présentant un savoir philosophique, nourri de nombres d’autres disciplines : art, neurosciences, spiritualité… ;
· des exercices pratiques ou des méditations guidées qui prolongent la réflexion dans l’expérience ;
· des moments de dialogue et d’échange, pour faire de chaque rencontre un espace vivant de pensée et de transformation.
Ce format me permet de renouer avec l’essence de la rencontre philosophique : une attention portée à l’autre, à sa manière d’être au monde, à ses questionnements, et à la manière dont la réflexion peut devenir pratique de vie.
Voici quelques-uns de mes cours : Méditer, Faites de votre hypersensibilité une force, Initiation à la philosophie pour tous…
Pour clore cette présentation, il est essentiel de dire que ce que je peux apporter par mon travail vient d’abord de personnes qui ont été pour moi de vrais maîtres : Francisco Varéla et son invitation à explorer courageusement et rigoureusement notre étrange esprit humain, Chögyam Trungpa que je n’ai pas connu, mais dont l’œuvre éclaire le sens d’une spiritualité qui naît du courage de se mettre à nu et d’accepter notre vulnérable humanité, François Fédier qui m’a ouvert le sens de la philosophie, François Roustang dont la rencontre m’a permis de me foutre la paix, Allen Ginsberg qui m’a aidé à mieux comprendre le lien entre la poésie et la spiritualité…
27 septembre 1967 Je suis né d’un père expert-comptable et d’une mère préparatrice en pharmacie.
1983 – 1985 Je fonde et dirige la revue Cratère, qui publie des entretiens que je réalise notamment avec Pierre Emmanuel, Claude Simon, Nathalie Sarraute et Pierre Soulages.
1985 Je débute mes études de philosophie à l’université Paris I Sorbonne.
1987 Je rencontre le neuroscientifique Francisco Varela qui me fait découvrir la méditation et me forme pendant de nombreuses années à une expérience rigoureuse de la pratique. Je pars chaque année me former aux États-Unis à la méditation au sein de Vajradhatu, l’école fondée par Chögyam Trunpga.
1993 J’étudie le cinéma avec Jean Douchet à L’université Paris Diderot, et écris un mémoire sur le sens du classicisme dans le cinéma de Robert Bresson en comparaison avec la peinture de Nicolas Poussin. J’assisterai pendant des années aux divers cours et présentations qu’organise dans les cinémas parisiens Jean Douchet, que je retrouve aussi lors de l’émission que je produis pour France Culture sur Dreyer en 2011.
1994 J’obtiens un DEA d’histoire de l’art, à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Jean-Claude Lebensztejn, « Le désert dans l’œuvre de Malévitch ».
1995 J’enseigne la philosophie au lycée Marceau de Chartres (maître auxiliaire).
1996 J’enseigne la philosophie au lycée Rotrou à Dreux (maître auxiliaire).
1996 J’assiste en auditeur libre pour la première fois à un cours de François Fédier, au lycée Pasteur à Neuilly. Choc profond. Je ne savais pas jusqu’alors que la philosophie pouvait être aussi vivante et exaltante. Je démissionne l’année suivante de l’Éducation nationale pour pouvoir y assister chaque jour pendant sept ans.
1997 Je publie mon premier livre : La pratique de l’éveil de Tilopa à Trungpa : l’école Kagyü du bouddhisme tibétain (Éditions du Seuil, collection « Points ») suivi en 2000 de Mythes et dieux tibétains (Éditions du Seuil, collection « Points »)
1997 Je suis chargé de cours en photographie à l’université Paris VIII (1997-2010) ; je publie en 2007 La photographie (Éditions du Grand Est)
4 décembre 1999 – 11 janvier 2000 Je participe, comme plasticien, à l’exposition « Un monde irréel », G. Thaddaeus Ropac.
2001 Je soutiens ma thèse de doctorat en philosophie portant sur le sens du sacré dans les œuvres d’art moderne à l’université Paris 1.
2004 Je fonde la collection « Évolution » chez Pocket, puis en 2020 « Fabrice Midal présente » chez Robert Laffont.
2006 – 2009 Je produis des émissions sur France Culture : Une vie une œuvre : Martin Heidegger, pensée du divin et poésie ; Dreyer, De Vampyr à la résurrection : la passion du cinéma ; Jean Beaufret ; Rainer Maria Rilke, l’ouvert et la métamorphose ; Pindare ; Calvin, de Genève à Washington.
2006 Je fonde l’école de méditation Reso, qui s’appelle alors « Prajna & Philia », pour transmettre la méditation en dialogue avec la philosophie, l’art et les grandes traditions spirituelles de l’humanité. J’y anime depuis, chaque année, plusieurs séminaires.
2007 Je publie Comprendre l’art moderne, puis en 2010 Pourquoi la poésie, Éditions Pocket, collection « Agora ».
2008 J’organise un séminaire avec François Fédier sur le texte de Martin Heidegger « L’art et l’espace ».
2010 Je publie Pratique de la méditation, audiolib, premier coffret en langue francophone, qui présente la méditation d’un point de vue non religieux, débarrassé du folklore oriental.
2010 Je rencontre François Roustang dont l’amitié, la pensée, l’engagement jouent un rôle important dans mon chemin de pensée.
2011 Suite à une série de conférences données à l’université de Tokyo, je publie aux Éditions du Cerf, Martin Heidegger et la pensée bouddhique.
2017 Je publie Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre ( Flammarion) Dans ce livre, mon vingt-quatrième, je dénonce le culte du bien-être qui n’a rien à voir avec ce qui permet d’orienter pour de bon une existence humaine. Ce livre est, à mon propre étonnement, un grand succès commercial vendu dans le monde entier.
2018 J’anime une série d’été sur France Culture : Narcisse accusé non coupable. Elle sera publiée ensuite chez Flammarion sous le titre Narcisse n’est pas égoïste.
2019 La série 3 minutes de philosophie pour redevenir humain est diffusée l’été sur France Culture, puis publié chez Flammarion.
2019 Je rencontre Anne-Sophie Pic qui joue un rôle décisif dans ma compréhension de la haute gastronomie française comme pouvant être un art authentiquement poétique.
2021 Je crée le podcast et la chaîne YouTube Dialogues où j’invite philosophes, psychiatres et cuisiniers…
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©2025 Fabrice Midal